__ Trois fois rien ... Au quatre coins du monde. __

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__ Bonjour.
Pour nos deux ans d'amitié, ma petite S½ur de c½ur et moi avons décidé de faire une fiction ensemble.
Comme au bon vieux temps.
Nous vous présentons donc notre mélodrame triste a souhait.
En espérant bien sur qu'il vous plaira.


Laura & Anne. ___


Prologue .


T'as débarqué seule sur un quai de gare, tu venais d'Ici, de Là-Bas et t'allais Nulle Part ...


Elle rentra dans sa chambre. Merde, pourquoi sa vie se résumait à ça ? Les cours, sa chambre. Marre. Elle alluma son PC. Pendant qu'il se mettait doucement à ronronner, elle se jeta sur son lit. Bilan de la journée ? Engueulade avec ses soi disant amis. Pourquoi on lui reprochait d'être la cause des problèmes de tout le monde, de la pluie, et des autres trucs auxquels personne peut rien ? C'était sa faute à elle si elle était entourée d'une bande d'abrutis ? Elle ne les aimait pas, eux non plus, ils se servaient d'elle, et au fond elle se laissait faire, sinon elle serait isolée. Mauvais plan. Un SMS.

« Tu me manques. Je t'aime. »

Non mais quel con ! Il l'aimait ? Après avoir sauté deux pétasses dans son dos ? C'était quoi ce plan ? L'ordinateur avait fini de charger toutes les informations, la messagerie instantanée fut connectée automatiquement. Une fenêtre s'ouvre.

« Emma : Ma chériiiiiiie ! <3 »

Elle répond.

« Kagero : Coucou. »
« Emma : Tu vas bien ? »
« Kagero : Et toi ? »
« Emma : Tu me manques. Mais t'as pas répondu ! »
« Kagero : ... »
« Emma : Merde. Déprime pas. Pas encore. Je t'aime. C'est encore à cause de Will ? »
« Kagero : Un peu. »
« Emma : Quel con ce con ! »
« Kagero : J'dois partir y a mon père ... »
« Emma : ... Courage. Je t'aime. Fort. Plus que l'infini. »
« Kagero : Et encore plus ... »

Elle quitta son PC. Son père entra, sans frapper, comme toujours.

« - Qu'est-ce que tu fous là, tu crois que j'ai pas vu que tu bossais pas ?
- Mais j'suis là depuis un quart d'heure !
- Et alors ! Tu crois que c'est avec un ordinateur que tu vas gagner de l'argent, réussir tes études ?
- Merde ! Tu penses qu'à ça ? Et ma vie, hein ? Tu la mets où ?
- Parle moi autrement !
- Nan ! J'en ai marre ! Tu me traites comme une moins que rien ! Je t'emmerde !! »

C'était sorti tout seul. Elle s'en était à peine rendu compte. Elle tomba à genoux. Il l'avait frappée, encore. Du sang tomba sur le parquet lustré, mêlé aux larmes. Elle avait mal, mais au fond, c'était plus mentalement que physiquement.

« - Demain, je pars. Je te déteste. T'es plus mon père. T'es plus rien.
- Tu dis ENCORE que tu veux partir, mais t'en as pas le courage. », ricana-t-il avant de sortir de la pièce.

Il n'avait pas compris, non. Elle était resté à le supporter toutes ces années, il lui avait fait mal, à en crever, mais il ne l'avait jamais remarqué. Maintenant c'était fini. Elle sortit sa valise, et commença à la remplir. Des vêtements, son PC portable, quelques photos d'elle et Emma, un peu de maquillage, au cas où. Des stylos, crayons gris, du papier à dessin, du papier à musique, des feuilles simples ... Son matériel de survie en somme. Et aussi et surtout, sa guitare.
Elle éteignit la lumière, réfléchissant à l'endroit où elle irait. Une idée lui effleura l'esprit ... Elle était folle, oui, mais c'était si bon de se l'imaginer ... Revoir sa meilleure amie, habiter avec elle, dans son appartement, en Allemagne. Merde, que c'était bon ...



T'avais de grands yeux bleus mais cernés de noir, c'était peut-être la raison de ton départ qui sais ?


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# Posté le jeudi 29 novembre 2007 15:09

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 04:58

__ Chapitre un. __

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Chapitre un .



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Nos souffles enlacés voudraient chasser la peur ...


Le lendemain matin, elle partit, après son père comme toujours. Il ne saurait pas qu'elle n'avait pas été en cours avant ce soir. Tant mieux. D'ici là elle serait avec Emma. Elle prit sa valise, son argent, et alla aussi dans le petit coffre fort de la chambre de son père, dont elle connaissait la combinaison. Elle prit tout l'argent qu'elle trouva, puis sortit de la maison, avec la ferme attention de ne jamais y revenir. Elle ne se dirigea pas vers l'arrêt de bus, en direction de la gare. Pas tout de suite. Elle avait autre chose à faire avant. Elle alla voir Chris ...
Une fois devant la porte elle sonna. Celle-ci s'ouvrit au bout de quelques secondes, laissant apparaître un grand jeune homme à la peau mat, cheveux noirs, courts, et à l'allure un peu douteuse. Le garçon ouvrit de grands yeux étonnés puis balbutia.

« - Qu'est-ce que tu fous là ? T'as pas compris qu'on voulait plus te voir traîner ici ? Dégage. »

Il n'avait pas refermé la porte, c'était déjà ça, pensa Kagero.

« - J'aimerais te parler ... De Chester.
- Comment oses-tu venir jusqu'ici pour me parler de lui ? Et comment oses-tu prononcer son prénom ? J'ai rien à te dire, tout est de ta faute ! Dégage tout de suite, et ne reviens plus jamais. »


Les yeux de la jeune fille se remplirent de larme, pourquoi c'était de sa faute ? Ils n'avaient rien compris ... Ou alors, c'était elle qui n'avait rien compris ...
La porte se referma devant elle, la laissant désemparée, une fois de plus. De sa faute. Elle tourna les talons, regardant une dernière fois la maison blanche. Elle marcha, « Tout est de ta faute. » ces mots raisonnaient dans sa tête comme une chanson douloureuse. Il avait sûrement raison ... Mais merde, elle avait fait quoi à part l'aimer ? Oui, elle l'avait aimé ... Plus que tout, plus que sa vie. Mais maintenant il avait quitté ce monde. Il s'était suicidé, avait sauté, et franchi le pas entre la vie et la mort. Sans elle. Pourquoi l'avait-il abandonnée ? Pourquoi ? Elle n'arrivait pas à comprendre. Il n'avait laissé qu'une lettre, à l'attention de Kagero. C'est peut-être pour ça qu'on la tenait pour responsable, car dans celle-ci il l'excusait. Merde. Ca lui faisait tellement mal de repenser à tout ça, à lui. Son maquillage noir avait coulé ...
Elle monta dans le premier bus qu'elle vit, de toute façon, ils allaient tous là-bas. Une fois arrivée devant le guichet de la gare, elle cacha difficilement ses larmes et sa peine. La dame qui était derrière la vitre lui afficha un sourire préfabriqué, en lui demandant sa destination. Elle prit une profonde inspiration et demanda un aller simple pour Hambourg. Aller sans retour, elle en était sûre. Elle ne voulait pas revenir. Elle paya et prit son billet, puis se dirigea vers les quais. 9h02, c'était l'heure du départ.
Quai numéro 8, le train entre en gare. Elle eut un léger sourire à travers ses larmes. Aujourd'hui, elle était en route pour la vie, le bonheur ... Enfin.
Elle monta, chercha son siège, le numéro 102. Elle était à côté d'un vieux monsieur à l'odeur de cigare. Elle détestait cette odeur. C'est la même que ... son paternel. « N'y pensons pas. » se dit la demoiselle. Elle mit son iPod en marche, ses écouteurs dans les oreilles. AqME, sa drogue, son oxygène. Elle s'endormit, bercée par les mouvements de la machine, et la voix du chanteur.
Lorsqu'elle ré-ouvrit les yeux, elle avait déjà passé la frontière, il est deux heures de l'après-midi. Elle regarda par la fenêtre, des champs, des vaches et des gens à perte de vue. Une fine pluie tombait dehors. Elle aimait ça la pluie. L'eau en général. Ca cachait les larmes.

« Le train en direction de Berlin, Allemagne, entrera en gare de Hambourg, Allemagne, dans cinq minutes. » annonça une voix féminine, sortant des enceintes du train.

Elle arrivait. Enfin. Depuis le temps qu'elle attendait ça ... Le mouvement se fit plus lent.
Elle prit sa valise, sa guitare et son PC portable, puis sortit du train. Elle huma l'air. Merde. Ca sentait bon la liberté. Elle regarda partout, Emma n'était pas là bien sûr, elle ne l'avait pas prévenue, pas encore. Elle marchait, sortant de la gare. Elle prit son téléphone portable.

« - Emma ?
- Kagero !! Tu vas bien chérie ?
- Hmm ... Je suis à Hambourg, tu viens me chercher ?
- A Hambourg ?? MON Hambourg ?
- Non, non, celui de Jean Paul II ...
- C'est pas drôle Princesse, enfin si c'est drôle ! Mais il est mort le pauvre.
- Oui, enfin bon, évidemment c'est le tien ^^. Tu viens me chercher ou tu préfères attendre que je me fasse violer par un de ces putain d'Allemand terriblement sexy ?
- Oui j'arrive t'en fais pas ! Mais tu sais quoi ?
- J't'écoute ?
- C'est moi qui vais te violer ! !
- Si tu veux ! Bon t'arrives ?
- Oui ! Ah mais attend, je suis avec mon mec et ses potes, ça te dérange pas qu'ils viennent ?
- Ben si, un peu.
- Ah ?
- Mais non je déconne ! Magne, il pleut, et ma guitare va souffrir sous la pluie !
- S.O.S. guitare en détresse, j'arrive !
- Même pas S.O.S. amie en détresse ?
- Mais si, tu sais bien que je t'aime plus que tout !
- Moi aussi je t'aime, fort, plus que l'univers !
- A toute suite ! »


Putain, que c'était bon de se dire que d'ici quelques minutes, elle la serrerait dans ses bras. Mais elle allait sûrement lui demander comment elle avait fait pour venir. Ce soir, c'était censé être les vacances pour tout le monde en France. Voilà. Elle dirait qu'elle était là pour les vacances. Faire semblant. La meilleure chose à faire pour ne pas l'inquiéter, elle était trop fragile. Avec un peu de chances, elle ne verrait rien. La pluie coulait sur son visage, mêlée aux larmes. Mais, cette fois-ci, c'était des larmes de joie.



Mon souffle maintenant seul finira par s'éteindre.


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# Posté le dimanche 02 décembre 2007 09:21

Modifié le vendredi 14 décembre 2007 04:57

__ Chapitre deux. __

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Chapitre deux.



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Me serrant trop fort apeurés à l'idée de perdre le contrôle




La fine pluie continuait de tomber. Presque une heure Kagero attendait, elle était trempée jusqu'aux os. Comme sa guitare. Cheveux qui gouttent dans le dos, rimmel qui coule, attente interminable, elle frissonnait. Mais qu'importe. Elle savait ce pourquoi elle attendait. Elle attendait le bonheur.
Des cris résonnèrent dans la ruelle déserte qui se tenait à côté de la gare. Parmi la discussion elle perçut une voix. Celle de sa meilleure amie, son amour, sa seule famille, son refuge. Emma. Elle se retourna, la vit rayonnante au milieu de ses amis. Elles coururent l'une vers l'autre. Coup d'émotion, larmes de joie. Elles se sautent dans les bras. Enfin réunies. Elles se serraient l'une contre l'autre, fort, comme elles ne l'avaient pas fait depuis des années. C'était si bon ...
Emma n'avait pas changé. Les mêmes cheveux châtains, quoique maintenant parsemés de fines mèches vertes et bleues, qui lui tombaient devant les yeux. Un regard scintillant, plein d'étoiles ... Et le même sourire tellement plus beau que les autres, qui vous donne envie de sourire rien qu'en le voyant ...
Le temps semblait s'être arrêté. Tourbillon de joie, d'amour et de folie. Le froid et la pluie étaient déjà oubliés, elle avait chaud au c½ur, c'était ça le plus important.

« - Ma n'amoureuse ! Tu m'as trop manqué ..., murmura Emma à l'oreille de son amie.
- Toi aussi ... Plus que tout.
- Plus rien ne nous séparera, pas vrai ?
- Je te le jure. Rien de rien.
- Je t'aime ...
- Moi plus.
- C'est impossible. », souffla Kagero.



Emma se retourna et prit la main de Kagero. Elle désigna de la tête une poignée de garçons et deux filles. Elle présenta tout le monde brièvement. Sally, 17 ans, yeux bleus, cheveux blonds, apparemment la timide du groupe, la fragile. Estelle, âgée de 18 ans, cheveux châtains, beaux yeux marrons, la fille du genre qui encaisse les coups, que tout le monde croit forte mais qui pourtant a un équilibre plus que fragile. Elle était la meneuse du groupe, elle savait quoi dire et quand le dire, et surtout elle disait ce qu'elle pensait. Ensuite il y avait Ulrich, le ténébreux, qu'est-ce qu'il était beau ... Des yeux profonds, le faux dur, grand fragile, un peu poète, 16 ans. Johannes, tout juste la majorité, un grain de folie, romantique, éternel enfant. Un sourire qui renverse tout, et qui fait chavirer les c½urs. Son frère, Fabian, le plus jeune de la bande avec ses 15 piges, des airs d'ange pour un véritable démon. Christian, dit Linke, fou de musique, joueur de basse, grand enfant émerveillé. Le fort, le dur à cuir, celui qui frappe et qui réfléchit seulement après. Majeur lui aussi. Et enfin, Maximillian, 20 ans, petit ami d'Emma depuis presque un mois ... Pour celle-ci c'était une idylle qu'elle vivait ... L'amour de sa vie, le rêve éveillé. Il était beau. Kagero esquissa un sourire timide. Jo prit le sac trop lourd pour la frêle française, Ulrich prit le reste. Elle ne lâcha pas sa guitare. C'était bien trop précieux. Comme Emma. Ils parlaient de musique, comme toujours apparemment. Les deux amies se racontait leur vie. Mon dieu, ce que Kagero était heureuse ... Putain, c'était bon. Bon de savoir que c'était réel. Pour de vrai. Elle et Emma réunies. Enfin. Max jouait avec les cheveux de sa petite amie. C'est fou comme il avait l'air si doux, si gentil, si attentionné, si ... Les mots lui manquait. Trop parfait.

Ils marchaient, encore et toujours ... Kagero rêvassait, c'était tellement étourdissant tout ce qui lui arrivait. Sonnerie de portable, Linkin Park, Shadow Of The Day. C'était la sienne. Elle regarda qui avait perturbé le fil de ses pensées. Will. Elle leva les yeux au ciel en lisant le message.

« - C'est qui ?, interrogea Emma, curieuse.
– Tiens regarde. »


Elle lui tendit son téléphone. L'Allemande lit le message à voix haute.

« Pourquoi t'es pas venue en cours aujourd'hui ma puce ? Tu m'as trop [...] trop manqué. J'ai envie de toi. Je t'aime. Will. »

Tout le monde riait. En effet, Emma s'était lancée dans une de ses imitation de voix sensuelle hilarante.

« - Un admirateur ?, interrogea Fabi.
– Un ex très con plutôt. », plaisanta Kagero.


La jeune femme aux cheveux méchés bleu et vert écrivait une réponse au message. Elle semblait satisfaite du résultat et envoya.

« - T'as marqué quoi ?
- Attention je cite : Je suis pas venue parce que j'avais rendez-vous avec ma future femme dénommée Emma. On est très heureuse ensemble. Je n'ai absolument plus besoin de toi. Tu ne m'as pas du tout manqué. Va retrouver tes pseudo-bombes écervelées. Kagero. »


Kagero sourit. Du Emma tout craché. Ca faisait du bien ...



Embrasse moi là où ça derange, fuiyons la réalité, pour une fois c'est a mon tour de rever ...

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# Posté le mardi 18 décembre 2007 12:54

Modifié le mercredi 19 décembre 2007 13:25

__ Chapitre trois. __

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Chapitre trois .



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Après midi de rêve avec sa meilleure amie, sentiment que Kagero n'avait pas ressenti depuis longtemps ... Des fous rires, des gestes d'amitié, tout. Tout était là mais pourtant il manquait quelque chose. Un je ne sais quoi qu'elle n'arrivait pas à saisir, un manque qu'elle ne pouvait pas combler. Elle regardait tous ces garçons qui n'avaient d'yeux que pour Emma, Sally et Estelle. Et qui pourtant ne faisaient que les désirer. Et elle, elle était seule face à ces inconnus. Elle n'avait qu'Emma. Certes, ils étaient tous sympathiques. Oui, sympathiques. Mais elle, elle n'était pas sociable. Dommage. Emma discutait, riait, avec tout le monde, pas qu'avec elle. D'ailleurs, Kagero demeurait silencieuse, comme toujours. C'est con mais elle n'avait pas imaginé les retrouvailles de cette façon ... Elle avait plutôt vu un tête-à-tête, rien qu'elles, personne d'autre. Merde, depuis le temps qu'elles ne s'étaient pas vues, elles méritaient bien ça non ?
Putain, ce que c'est perfide la jalousie ... Kagero se ressaisit, de toute façon elle n'avait pas le choix. Elle secoua la tête comme pour chasser ces idées, emmêlant un peu plus ses cheveux blonds. Elle tenta de s'immiscer dans la discussion. Elle avait du mal. Elle décida d'aller prendre l'air. Pour se remettre les idées en place. Faire le vide.
Elle s'éclipsa sans prévenir, personne ne le remarqua vraiment. Sauf Fabi qui la suivit. Elle marchait sur le pont en pavés usés, elle s'adossa à la rambarde de pierres taillées, prit son paquet de Marlboro, en sortit une, et commença à la faire se consumer doucement, et regarda l'eau défiler sous ses pieds. Les yeux rivés vers la jeune fille, Fabi s'approchait lentement, il se posa à côté d'elle, il la regardait sans trop savoir quoi dire, c'est con mais il comprenait. Il lui demanda une clope, prit son feu et l'alluma, il toussa. Kagero comprit immédiatement qu'il ne fumait pas, et replongea son regard dans cette eau glacée. Fabi se mit derrière la jolie blonde, posa ses mains sur ses épaules avec hésitation, et la serra contre lui. Kagero ferma les yeux aussi fort qu'elle le put, elle se retourna et resserra l'étreinte. Une larme vagabonde courait sur son doux visage, Fabi l'essuya, et l'embrassa sur le front. Elle sourit, elle avait l'air tellement conne ... C'est le plus beau jour de sa vie et le seul truc qu'elle trouve à faire c'était chialer, pff, n'importe quoi. Elle serra à nouveau Fabi contre elle, la chaleur de son corps semblait irréaliste, c'était la première fois que quelqu'un lui faisait ça, être là, tout simplement. Elle sourit malgré les larmes qui s'évadaient de ses yeux bleus. Elle se mit à rire, le sourire de Fabi était magique. Il la regarda l'air amusé, toujours avec ce sourire enfantin. Il est beau, putain. Sally les regardait de loin, elle chuchota des " Eh ben si ça commence déjà comme ça ... " et puis les autres riaient. Emma embrassait Max sans s'occuper du reste. Kagero la regarda, baissa les yeux. Fabi lui prit la main et l'emmena rejoindre le groupe. Sally sauta dans les bras de Fabi, Kagero resta sur la réserve, mais Jo vînt lui parler. Comme s'ils se connaissaient depuis toujours, il la fit rire, chanter même, tandis qu'Emma menait la troupe jusqu'au repère main dans la main avec Max.
Un peu plus tard tout le monde s'était préparé pour sortir en boîte. Le prétexte c'était l'arrivée de Kagero. Mais cette dernière avait l'impression que tout le monde s'en foutait. A part Fabi. Parfois il lui demandait comment elle allait, ou si elle avait besoin de quelque chose. Ils partirent tous ensemble à pieds, c'était tout près.
Kagero se rendit compte que des couples existaient déjà au sein du groupe. Du genre Estelle et Linke. Ça se voyait qu'ils s'aimaient. Pourtant elle n'était pas sûre qu'ils sortent ensemble. Étrange. La blonde avait du mal à tous les cerner, mais surtout à cerner Emma. Et ça c'était vraiment pas normal. Avait-elle changé à ce point depuis toutes ces années ... C'était impossible. Pas elle. Pas sa s½ur.
Ils entrèrent dans la discothèque. Quelques personnes saluèrent la bande. Ils étaient tous connus. Kagero était l'inconnue. L'étrangère. Elle n'avait visiblement pas sa place ici. Comme ailleurs.

« Tu danses ? »

C'était Fabi.

« Euh ... Ouais.
_ Come on Baby ! », Déclara le jeune homme dans un sourire.


Après quelques danses, elle alla s'asseoir, fatiguée. Par son voyage. Par cette sensation de solitude. Par sa vie. La blonde jeta un coup d'½il en direction d'Emma qui ne vit pas qu'elle était observée, trop absorbée par ses pensées ou plutôt par le regard océan de Max.
« Comme d'habitude », pensa Kagero.
Elle étouffait dans cette boîte remplie de fumée et de désirs refoulés. Encore une fois, seul Fabi l'avait remarqué. Alors il lui prit la main, comme pour la rassurer et l'entraîna à l'extérieur, jusqu'à un banc où ils s'assirent.

« Maintenant, tu vas me dire ce qui te mets dans cet état.
_ On se connaît à peine et c'est encore moi qui me fais un film. J'ai rien à dire.
_ Si tu te faisais vraiment un film, tu n'aurais pas cet air triste et ces larmes au fond des yeux. Rien que de t'avoir parlé du fait que t'ai un problème ça t'as donné envie de pleurer.
_ Comment tu vois ça ? Les autres voient jamais quand je crève de l'intérieur jusqu'à en pleurer ... Même pas Emma ...
_ Mais moi je suis pas Emma. Je ne suis pas les autres. Alors tu vas me parler. Je n'bougerais pas avant de savoir. D'accord ?
_ ...
_ De toute façon il n'y a pas d'alternative. »


Elle le dévisagea. Que lui dire, hein ? Qu'elle est fatiguée, qu'elle a mal de tout et de rien, tout le temps, toujours ? A quoi ça servirait ? A rien. Ouais, une fois de plus ça ne serait que des mots. Et rien d'autre. Et puis, pourquoi il voulait savoir ça lui ? Comme si ça l'intéressait vraiment ... Elle n'intéressait personne, ça avait toujours été comme ça. C'était le genre de personne hors catégorie, trop étrange pour qu'on lui prête attention.

« J'ai rien à te dire Fabian, tu sais, je vais bien, c'est des idées que tu te fais. Si j'ai des larmes au fond des yeux, c'est parce que je suis heureuse de revoir Emma. C'est pas de la tristesse, c'est du bonheur. Je vais absolument bien. »

Bien sur qu'elle mentait, elle en était fatiguée de mentir tout le temps, de faire semblant. Mais au fond la vérité ne lui apporterait que des tracas.
Elle se leva, tourna les talons. Une fois de plus il lui attrapa la main.

« J'ai dis pas d'alternative. Kagero, je sais que tu mens, je sais que tu dis n'importe quoi pour t'échapper, ouais, je sais tout ça, mais merde, j'suis pas ton ennemi, j'veux juste t'aider, j'veux rien d'autre, juste ça, t'aider. Je déteste te voir comme ça.
_ Tu sais de quoi j'ai envie ? De respirer. Enfin respirer, ouais, juste ça, rien d'autre, c'est tout ce que moi je veux.
_ J'suis désolé.
_ De quoi ?
_ De tout ça, de te forcer. Je sais que j'devrais pas, mais tu parais tellement fragile, t'as l'air d'appeler au secours, du fond de toi, sans t'en rendre compte. J'veux pas que ... Enfin ... »


Fabi marqua une pause. Pendant un court instant il se perdit dans ses pensées.

« Tu veux un verre ? Reprit-il.
_ Vodka, pure, s'il te plaît.
_ Ouais. D'accord. A tout de suite. »


Tandis qu'il s'éloigna, elle souffla, ou plutôt soupira. Des larmes s'échappaient de ses yeux, coulant sur son visage, mon dieu, mais ce qu'elle était conne. Elle n'arrivait pas à saisir les moments heureux, c'était plus fort qu'elle. La jeune fille se mit à faire les cent pas, les cailloux blancs crissaient sous ses Converse. Max approchait sans qu'elle l'entende, trop absorbée par ses tourments. Il lui attrapa le bras, si vite qu'elle ne put cacher ses larmes. Il essuya ces petites gouttes d'eau sur ce doux visage. Trop de noir dans le c½ur de Kagero. Pourtant celui-ci tapait si fort contre sa poitrine, était-ce le fait qu'il la regarde ou simplement l'émotion de la conversation avec Fabi ? Elle ne savait plus vraiment faire la différence. Fabi apporta le verre de Vodka, elle le but cul sec et en redemanda un autre, pour s'oublier. Max était toujours là, son regard parcourant le corps de la jeune fille, voyant les formes de celle-ci, un peu trop maigre dans ses vêtements amples. Elle se cachait derrière ça, derrière son maquillage trop noir pour ses yeux d'un bleu si clair, si entêtant. Le guitariste se perdait dans ceux-ci, dans son désir, et dans l'alcool qu'il avait déjà avalé.
Kagero retourna dans la boîte, suivie par Max. Elle rejoignit Fabi au bar, et ils burent autant que possible. Bien sûr, ce fut la jeune blonde qui but le plus. Comme toujours. Elle avait chaud, si chaud. Et puis elle voulait tellement danser. Alors elle dansa, avec lui. Avec Max.
D'ordinaire Emma aurait réagit, mais elle aussi était ivre. Et son amie le savait, que quand elle buvait, elle oubliait tout, et que c'était sa tendance bi qui prenait le dessus. La brune aux cheveux méchés dansait avec Sally.
Tout était flou, tout avait disparu, pour Kagero il ne restait que Max. Max qui faisait glisser ses mains sur son corps frêle, Max qui jouait avec ses cheveux blonds, Max qui la désirait, tout comme elle le désirait. Il la trouvait belle, malgré ce masque qu'elle s'était créée. Et elle, elle faisait tout pour qu'il la veuille, juste une nuit. Kagero était sensuelle, terriblement alléchante ... Il lui vola un baiser, elle fit de même. Surplus de désir, elle lui fourra sa langue dans la bouche, et ils entamèrent un baiser passionné. Il l'entraîna par la main, s'adressa au barman et paya pour avoir un des salons privés de la discothèque. Elle était trop ivre pour bien marcher, il la porta et l'emmena dans la salle.

Elle passait ses mains dans la chevelure blonde du guitariste, tout en lui mordillant le lobe de l'oreille. Elle lui plaisait, elle n'en avait aucun doute. Elle avait trop bu, beaucoup trop, elle le savait mais qu'importe, elle allait profiter ce soir.
Il ferma le rideau de velours du salon privé, il la posa sur le canapé violet aux coussins verts pomme, elle le dévorait des yeux, elle le tira par la chemise, enroula ses jambes autour des hanches du bel allemand. Son maquillage avait coulé, de longues traces noires soulignaient la blancheur du teint et le bleu clair des yeux de la jolie blonde. Les mains de Kagero se glissaient sous la chemise blanche de Max, elle déboutonna celle-ci, laissant apparaître des abdos plutôt bien dessinés. Elle passa sa langue sur ce torse nu, griffant légèrement le dos du jeune garçon. A travers le T-shirt de Kagero, il dégrafa le soutien gorge de dentelle, et enleva le haut, commença à mordiller les tétons pointus tout roses. Elle lui mordait le cou, se sentant voler, elle l'embrassait, passait sa langue partout, rapidement, elle enleva la ceinture du jean de son amant, elle déboutonna le baggy, passa sa main sous le boxer sentant la virilité droite, elle enleva son baggy laissant arborer royalement son string de dentelle rouge, terriblement sexy.
Il passait sa langue autour du nombril de la femme qui, elle, se laissait tomber en arrière, fermant les yeux pour imprimer chaque sensation que son corps captait. Les doigts de Max glissaient lentement sur le corps sucré de la jeune femme, il frôlait les seins, les aisselles, chaque parcelle de son corps. Il lui prit le visage et l'embrassa avec passion, sa langue se frottait à la langue de Kagero, ses caresses étaient plus vives, il bouillonnait de l'intérieur. Elle le griffait, le mordait, se serrait contre lui. Il enleva le string doucement, en se mordant la lèvre inférieure, elle le laissait filé sur ses jambes, et puis il enleva son propre sous vêtement, elle descendit lentement, approchant le pénis en pleine érection de son visage, elle passa la langue sur le bout du gland, il gémit, souffla. Elle passa sa langue le long de ce fruit exquis, il lui caressait les cheveux. Elle remontait lentement, le fixant de ses yeux de chat, elle s'asseyait sur ses cuisses, s'enroulait sur lui, autour de ses hanches, il l'embrassait, il se sentait comme libre, comme fou, il voulait crier, de joie peut-être.
Elle, elle avait chaud, terriblement chaud, était-ce l'alcool ou lui ? Ce trop plein d'alcool ou cette sensation d'amour qui l'entourait ? Il lui mordillait l'oreille, tout en prononçant des mots, des doux mots, des mots rares, de collections même. « T'es belle », « C'est comme si, en faite je t'attendais » ou « Rien ne vaux ton corps Kagero, non t'es la plus belle ... », elle l'embrassait pour le faire taire, elle avait trop peur qu'il dise des choses en l'air, qu'il en dise trop, qu'il ne se souvienne plus, qu'il avait Emma. Elle colla son sexe a celui de Max, il entra en elle doucement, elle soufflait, fort. Il la regardait droit dans les yeux. Elle souriait. Il entama un doux va et vient, puis accéléra, une vague d'excitation entra en eux, leurs corps fusionnaient. Elle l'embrassait, il la touchait, elle gémissait, il lui donnait tant de bien être, tant de joie d'un coup. Feux d'artifice dans le c½ur de Kagero. Elle se sentait aimé, désirée, pour une fois.
Le rideau s'ouvrit, ils ne le voyaient pas. Johannes resta figé. Max croisa son regard, il se figea. Kagero tourna la tête, son visage rougit par l'amour qu'il venait de lui transmettre fut heurté par la vue de Jo. Elle se pressa contre Max, qui prit rapidement sa chemise pour cacher le corps nu de son amante.
Jo restait muet. Au fond qu'est-ce qu'il pouvait dire ? Si Max voulait tromper Emma c'était son choix. Si Kagero voulait trahir sa meilleure amie c'était son choix. Il leur jeta un regard plein de reproches, puis s'éloigna, retournant dans la boîte.

« Je crois qu'on devrait retourner avec les autres. » Murmura Max.

Ouais. Ils devraient rejoindre les autres. Kagero ne voulait pas partir, pas tout de suite. Pourtant elle accepta. Elle avait peur que Jo dise ce qui c'était passé à Emma. Très peur même.

« Ouais ... Faut qu'on rejoigne les autres ...
_ T'es sûre que ça va ?
_ Non.
_ Pourquoi ?
_ Max ... Je crois que ... Enfin ... Je t'aime. »


Il ne répondit pas. Il évita le regard de la belle blonde. Lui aussi il l'aimait. Il le sentait au fond de lui même, mais il y avait Emma. Il ne voulait pas la blesser. C'était le dilemme dans son coeur. Alors il embrassa Kagero. Leurs langues jouèrent encore. Elle aurait voulu rester dans ce salon privé pour toujours. Ils se rhabillèrent silencieusement. Max dévora encore son amante des yeux, tout en sachant qu'il ne pouvait pas.
De retour dans la discothèque, cette même atmosphère qui avait poussé Kagero à sortir auparavant la heurta. Elle détestait ça. Emma n'avait pas remarqué l'absence des deux personnes qu'elle aimait le plus. Elle dansait avec une jolie fille aux cheveux roses, un verre à la main.

« Si on rentrait ? »

C'est cette phrase que lança Max à toute la bande. Johannes lui lança de nouveau un regard lourd de reproches. Fabian lança un regard interrogateur à son frère. Puis tout le monde sortit et rentra au repère.




# Posté le jeudi 27 décembre 2007 08:25

Modifié le dimanche 17 février 2008 04:56